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Ba’ponga: Je préfère ne plus prendre part aux shows organisés par l’Etat

Écris par BA’PONGA

Avoir les projecteurs sur nous, prendre la parole, expliquer à l’opinion publique comment et combien de fois la Culture Gabonaise et le Ministère qui en assure la tutelle sont négligés dans notre pays; relever le fait que depuis l’accession du Gabon à l’indépendance, à aucun moment la culture et les arts n’ont représenté une priorité, ni eu d’importance aux yeux de nos dirigeants, sont là des faits qui donnent l’impression qu’être artiste est une tare, et qu’être nommé Ministre de la Culture est une voie de Garage, une sanction.

La Culture et les arts au Gabon, doivent cesser d’être considérés comme de simples éléments de distraction ou de divertissement. Quelle image renvoie au monde entier, les dirigeants d’un état qui ne valorisent pas leur propre culture et n’en assure pas la promotion? Ne devrait-on pas en avoir honte et se résigner un temps soit peu ?
Étant acteur culturel et leader d’opinion, je me sens le devoir de porter de par le monde entier qui raille le Gabon, la voix des oubliés que nous Artistes sommes, parce que je me dois de faire savoir au reste du monde comment on me traite chez-moi.
Un peuple sans Culture est un peuple sans âme et identité.

Je (BA’PONGA) préfère ne plus prendre part aux shows organisés par l’état.
Je ne demande à personne de me suivre dans cette décision personnelle qui vise à interpeller ceux qui ont accepté de veiller au développement de notre pays dans tous les secteurs, les arts et la culture y compris.

J’exprime un dégoût personnel motivé par le traitement que le gouvernement a toujours réservé et continue de réserver aux secteurs de la Culture et des Arts pour lesquels je consacre chaque jour, la gros de ma vie, parce que chaque jour de ma vie, je sensibilise, j’éduque, je forme, je fédère, j’organise avec d’autres des conférences, je monte des spectacles etc… Je suis moi même président de deux associations culturelles qui œuvrent pour le renforcement des capacités des artistes, afin que nous soyons outillés et autonomes, et que par la création des industries culturelles et créatives, notre secteur participe pleinement à la résorption du chômage et à l’économie de mon pays. Tel est mon engagement. Et tant que Dieu m’accordera le souffle de vie, je n’arrêterai jamais de viser les objectifs que je me suis fixé, ni d’aider autrui.

La Culture est ma mère, et l’Etat dirigeant est Mon père…
Mais mon indignation m’amène à dire à ma mère que je ne supporte plus de voir mon père ne prêter attention à elle et lui remettre un peu d’argent, que lorsqu’il a besoin de venir manger et chiller avec ses amis à la maison, ou alors quand lui prend l’envie d’assouvir sa libido. Pourtant depuis déjà plus de 50 ans, même un simple COCOCO, même des simples PRÉSENTATIONS, il n’a osé le faire. Plus de 50 ans déjà, il n’épouse toujours pas ma mère pour lui donner l’importance et la place qu’elle mérite.

Je ne participe plus à cette moquerie. Je pensais avec mes actions, apporter ma pierre à l’édifice et faire accélérer les processus. Mais je me rends compte que nos actions ma mère et moi, notre débrouillardise, notre dévotion et notre respect confortent mon père dans sa position lattante irresponsable.

Cette figure de réthorique est une simple illustration pour que vous comprenez mieux ma réaction. Certains potes de mon père diront que je suis hautain ou mal poli. Mais j’espère que les gens sensés me comprendront et lui demanderont de légaliser AU PLUS VITE, la situation de ma mère.

Je ne m’érige contre personne, et contre aucun événement en particulier, je suis simplement contre cette volonté manifeste de méconnaître mes droits garantis par la constitution qui dispose que « Toute personne a le Droit de prendre part librement à la vie culturelle de la Communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui les résultent ».
C’est Dieu qui a bien voulu m’accorder un don, pour que j’opère dans une sphère d’influence qui est mienne, pour que je serve le peuple par des actions concrètes, pour le présent, le futur du pays et du peuple auquel j’appartiens. Alors je revendique mon droit d’être reconnu et soutenu, et de servir mon pays en toute légalité.

Mes encouragements à mes frères et sœurs Hommes de Culture, ces autres enfants de ma mère qui attendent impatiemment LE STATUT DE L’ARTISTE, cet acte de naissance à travers lequel notre père nous reconnaîtra comme étant ses enfants légitimes, non sans avoir régularisé au plus vite, la situation de notre mère Culture et lui consentir des moyens conséquent pour ses soins de beauté et son habillement.

La Culture et son Ministère, ce n’est pas que de la musique comme beaucoup l’entende.
C’est la peinture, c’est la sculpture, c’est le théâtre, c’est le cinéma, c’est les tisserands, c’est la décoration, c’est l’art culinaire, c’est l’architecture, c est la danse , c est nos croyances ancestrales, ce sont les les entreprises culturelles… et l’immense patrimoine culturel matériel et immatériel dont Dieu a doté notre Patrie.
JE M’INDIGNE.
« Un peuple sans culture est un peuple voué à la disparition ». Dixit : Pierre Claver AKENDENGUÉ

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