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NEWS6 janvier 2025

Hommage à Prince de Capistran : un pionnier du cinéma gabonais tire sa révérence

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Par La RédactionTemps de lecture : 3 min
Hommage à Prince de Capistran : un pionnier du cinéma gabonais tire sa révérence
Le 5 janvier 2025 restera gravé dans les mémoires comme un jour de deuil pour le cinéma gabonais. Prince de Capistran, de son vrai nom Adrien James Prince de Capistran, s’est éteint, laissant derrière lui un héritage artistique inestimable. Acteur, dramaturge et véritable pilier de la culture gabonaise, il a consacré plus de 40 ans à enrichir les arts de son pays.

Un destin façonné par l’art et la foi

Originaire d’Angone, aujourd’hui un quartier d’Oyem, Prince de Capistran a grandi dans une famille profondément enracinée dans la foi catholique. Son père était diacre, et sa mère, novicienne. Très jeune, il se découvre une passion pour les arts dramatiques, une vocation qui prend un tournant après une expérience spirituelle marquante à l’âge de 7 ans. Ses débuts dans le théâtre se font sous la direction du père Dominique Vanderbeck, à travers des pièces religieuses.

Une carrière marquante

Sa carrière décolle véritablement à Port-Gentil, où il cofonde la troupe théâtrale Gnimanakombo avec André Marc Apérano. Ensemble, ils produisent des pièces qui marquent leur époque, comme La marmite de Coca Mbala de Guy Menga. Ce succès ouvre la voie à une carrière dans le cinéma. En 1984, il joue dans le court métrage Le singe fou d’Henri Joseph Koumba Bididi, marquant ses débuts sur grand écran. Avec plus de cinquante films et séries à son actif, Prince de Capistran s’est imposé comme l’une des figures incontournables du cinéma africain. Parmi ses rôles les plus mémorables, on retrouve celui d’Oncle Didine dans L’Auberge du Salut, ou encore ses performances dans Les couilles de l’éléphant (2002) et Albert Schweitzer (1987).

Une reconnaissance tardive

Malgré son immense contribution, Prince de Capistran a souvent souffert de marginalisation dans son propre pays. Dans une déclaration poignante, il affirmait : « Je suis un paria dans mon propre pays. » Une phrase qui illustre le manque de soutien qu’il a ressenti, particulièrement dans les dernières années de sa vie, alors qu’il luttait contre la maladie de Parkinson.

Une génération de pionniers disparaît

Avec le décès de Prince de Capistran, le Gabon perd un autre pilier de son cinéma, après Philippe Mory en 2016, considéré comme le père du cinéma gabonais, et Christine Libina en 2023. Ces disparitions marquent la fin d’une génération de pionniers, laissant un vide immense dans le paysage culturel.

L’avenir entre les mains des jeunes talents

Ce départ symbolise aussi un appel à la nouvelle génération. Les jeunes cinéastes gabonais ont désormais la responsabilité de poursuivre l’œuvre de ces icônes, de raconter de nouvelles histoires et de faire briller le cinéma gabonais à l’international. Les noms de Prince de Capistran, Philippe Mory et Christine Libina resteront à jamais associés à l’excellence et à l’engagement pour l’art. À ceux qui viennent de prendre le relais, d’honorer leur mémoire en innovant et en créant pour que leur passion continue de rayonner.
 
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